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Chap 1 : Le grand départ Les valises sont prêtes. Bien sûr, deux trois petites choses traînent encore par ci par là, mais tout le principal est dans la voiture la veille au soir. Le dernier repas avec mes parents, foie gras, les inégalables patates sautées de mon père, un bon steak, un bon vin, des petites choses qu’on apprécie d’autant plus que l’on ne les aura pas avant un moment. Comme cette dernière soirée, légère, on ne dit rien d’important mais on sait que c’est un instant à garder au coin du cœur… On ne tarde pas trop, le réveil est tôt le matin. Tôt ? Oui, même double… Un faux départ à 2 h du matin. Le réveil sonne, je réveille Micka qui va prendre sa douche pendant que je lutte pour ne pas me rendormir. C’est bizarre, je me sens tellement embrumée, l’impression d’avoir dormi à peine 5 min. Effectivement, quand Mick va se faire un café pendant que je file sous la douche, il se rend compte qu’il n’est que 2 h du matin ! Le réveil n’était pas à l’heure ! Réveil 3 h après à la bonne heure cette fois, on part, je suis entre deux, entre joie, impatience et un peu de vague à l’âme, parce que ces 3 derniers mois sont passés vraiment vite. Déjà, on quitte mes parents, je l’ai fait pourtant plusieurs fois ces 10 dernières années, mais cette fois, c’est un peu plus dur, car il n’y a plus que moi, il y a les filles… A l’enregistrement, premier stress : « vous partez combien de temps ? » Moi, hum, mains moites, tête vide de réponse correcte, je jette un regard à Micka qui ne comprend pas mon hésitation, je balbutie « heu, on va attendre le visa permanent », genre pas sûre de moi, genre je vais au Québec illégalement… Euh Dine, en fait la femme s’en fiche, c’était juste pour info ! Malgré nos calculs savants pour ne pas dépasser les 69 kgs autorisés, nous avons 7 kgs de trop que l’hôtesse gentiment nous offre, « parce que je ne comprend pas qu’on ne laisse pas une valise pour les bébés, ça du être dur, même moi ma valise toute seule dépasse les 23 kgs, alors à 4, je comprend ! »… On a quand même 3 tonnes de bagages à main mais qui passent sans problème. On va passer vite sur les au revoir, une dernière photo, puis mon père toujours le mot pour rire « c’est le moment de pleurer ! » et ma mère les larmes aux yeux, qui s’en va sans se retourner parce que sinon ça sera plus dur. Je les regarde s’éloigner et nous nous faufilons à la suite de la queue pour passer la douane. Chap 2 : Dans l’avion Nous avons des supers places pour une fois, devant, sans personne à côté, de la place pour les jambes… Dès la montée, l’amabilité québécoise nous frappe, tout le personnel est tellement adorable, prévenant. C’est une Élisa qui s’occupe de nous, et même si à un moment elle oublie de nous donner nos repas pour que l’on s’occupe de nos filles, on ne peut pas lui en vouloir une seconde, elle garde le sourire, elle offre un petit vin pour se rattraper… Tout le voyage se passe relativement bien, à la fin tout le monde félicite les filles pour leur calme et leur patience. C’est vrai qu’elles ont été adorables, même Romane pourtant Zébulone a zébulé assez doucement. Élisa n’a rien dormi, mais est restée coopérative. Pendant le trajet, elle a pensé à sa Grand-mère en dégustant des fruits secs achetés la veille sur le marché… Arrivée, nous passons devant tout le monde avec les filles, même là, l’agent d’immigration nous est souriant, agréable, et honnêtement se fiche de savoir ce qu’on vient faire ici… Moi qui stressait, et non, rien de spécial. Bon, bah, bienvenue au Canada ! Chap 3 : Retrouvailles et bonnes surprises En attendant Solene, nous en profitons pour retirer quelques dollars, et Élisa (re)découvre le billet de 20$ : « Oh, il y a la Reine de Terre ! » (Hum, d’Angleterre, mon cœur !). Un petit café allongé (sans sucre et sans goût !) et nous montons dans le Mini-Van qui en fait est comme nos Espaces, ce qui est loin d’être de trop vu la montagne de bagages… Montréal est la même, mais en même temps, différente, quelques places nouvelles, on a l’impression d’être chez nous après un long voyage (pas qu’une impression en fait !), à droite un match de football (américain) dans le Parc Jeanne Mance, à gauche le Mont-Royal… Les maisons tellement typiques… les rues immenses… La ville, vivante, vibrante d’habitants… ça change de Moulins ! Nous arrivons… chez nous ! Ou Annie nous attend. Annie, cette dame qui nous a tellement aidés la première fois, notre première amie québécoise rencontrée dans un bar le lendemain de notre arrivée, qui nous avait fournit vaisselle, portable (=cellulaire) et beaucoup d’autres choses sans nous connaitre… qui nous a expliqué l’histoire des pourboires (=tips) dans les restos, qui nous a indiqué où se faire suivre pour une grossesse au naturel, qui m’emmenait à mes rendez-vous quand j’étais enceinte, bref, Annie nous attendait chez nous. Oh. Mais c’est plus grand qu’on croyait. Whaa.. Whaaaaaa… Mais il y a des placards partout. Ohhh… La coupe est pleine de fruits… Ohhh… Whaaa… Bon ok j’arrête, là (je recommence à prendre l’accent, mais à l’écrit c’est pas facile à transcrire). On a cherché l’appart de nos rêves, Annie l’a trouvé. 100 m2, et à peu près tout ce dont on rêvait. « Êtes-vous contents ? On avait peur que vous n’aimiez pas… » Comment ne pas aimer cet endroit, qui est 10 fois plus grand que tout ce qu’on avait imaginé avec les photos… La rue est magnifique, les amis sont tous à côté… ET puis, les filles, les enfants étaient là, ils avaient amenés des jouets et des livres pour les filles, fait un lit pour nous, tout nettoyé, tout prévu pour qu’on n’ait rien besoin le premier jour… Après avoir mangé tous ensembles, tout le monde s’est éclipsé, et nous avons emmené les filles se balader après s’être extasiés encore dans toutes les pièces. Si vous connaissez les Sims, on était un peu comme les Sims quand ils arrivent dans leur maison, ou quand ils ont un nouveau truc, il restent 2 min à s’exclamer devant le truc en Simlangage, c’était pareil… Une ballade au Dollarama, à la pharmacie (c’était plus histoire de se replonger dans le bain), on a pu s’apercevoir de quelques changements (Arg l’épicerie fine où il y avait des feuilles de vigne a disparu ! Oh, il y a un magasin d’affaires de bébés d’occasion) puis on est rentrés se faire un petit déj à 19 h environ, heure locale. A 20 h 11 heure locale, Romane et moi sommes allées au pays de Morphée, pendant que Micka et Élisa profitaient de leur soirée, puisque Élisa avait dormi tout l’après-midi donc n’était plus fatiguée… A 2h 43, heure locale, les deux filles nous ont réveillés, en pleine forme (elles, parce que nous, on n’aurait pas craché sur quelques heures de sommeil supplémentaire…) et nous les avons occupées comme on pouvait en attendant le jour… Depuis 5 h 30, Romane s’est endormie, maintenant Micka l’a rejointe et Élisa et moi on a faim, il est 9 h et Élisa s’impatiente… Élisa : « Maman, je veux jouer aux légos ! -Mais il n’y a pas de légos, ici. -Mais non, mes légos à moi ! -Ah, et ils sont où tes légos ? _Bah ils sont dans le bateau en train de flotter sur la mer… » Bon, je vous laisse, on a deux trois affaires à s’occuper maintenant ! Montréal, le 5 octobre 2009
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